Virginie Abrial
Cheffe de projet forgée par les grands fonds et les grands défis, je structure ce qui résiste et fais tenir debout ce qui vacille.
Ce qui me définit
Adjectifs
Déterminée, structurée, sensible, audacieuse, résiliente, curieuse, à l'écoute, débrouillarde, chaleureuse, casse-cou !
Mes valeurs
Liberté, authenticité, partage, confiance, plaisir, engagement, dépassement de soi, connexion humaine, rigueur, courage
Je m'appelle Virginie Abrial, et si tu cherches quelqu'un qui a construit son parcours dans un bureau bien rangé avec un plan de carrière bien ficelé, tu t'es trompé d'adresse. Mon chemin ressemble plutôt à une plongée en eaux profondes : des descentes vertigineuses, des remontées lentes, des zones vierges que personne n'avait cartographiées avant moi, et à chaque fois, quelque chose de nouveau à découvrir. Ce que j'ai appris en chemin, c'est qu'on peut traverser beaucoup de choses et rester debout, à condition de ne jamais perdre de vue la surface.
Chapitre I
Le bruit qui s'éteint
Je grandis en Auvergne dans une famille stable, aimante à sa manière, mais peu démonstrative. Pas de grandes effusions, pas de câlins qui débordent, une forme d'amour qui se dit peu et se prouve autrement. Très tôt, j'apprends à m'effacer, à devenir la petite fille sage qu'on aime sans trop de bruit. Je suis joyeuse, timide, rêveuse, fan de Zora la Rousse, je construis des cabanes et j'ai toujours eu un truc particulier avec l'eau. On dit que j'ai su nager avant de marcher, et je veux bien le croire parce que dans l'eau, quelque chose se pose en moi, quelque chose que je ne trouve nulle part ailleurs.
À 18 ans, mon père m'offre un baptême de plongée dans une piscine. Ce n'est pas l'océan, ce n'est pas la mer Rouge, c'est une piscine municipale avec des carreaux bleus et une odeur de chlore. Et pourtant. Je descends sous la surface, et d'un coup, le bruit s'éteint. La lumière danse en faisceaux dorés dans l'eau, il y a ce silence dense et enveloppant qui ne ressemble à rien d'autre, et je me souviens d'avoir pensé, très clairement : c'est là que je veux vivre. Pas métaphoriquement. Vraiment. Je veux devenir instructrice de plongée sous-marine.
Quand je l'annonce à mes parents, ça ne passe pas. Mais alors pas du tout. Ça me rappelle lorsque, enfant, quand quelqu'un me demandait ce que je voulais faire de ma vie et que je répondais spontanément "je veux être heureuse !" : les rires fusaient, suivis d'un "...et tu vivras de quoi ?!". Je range donc la plongée dans un tiroir, je la garde comme loisir, et je repars dans une direction plus raisonnable. Mais cette sensation sous l'eau, ce silence-là, cette lumière-là, je ne les oublierai jamais. Certaines expériences et émotions laissent une empreinte si profonde qu'on ne peut pas les effacer : elles attendent simplement, au fond du tiroir, qu'on soit enfin prêt à les écouter.
La morale
Certaines expériences fondatrices ne disparaissent jamais : elles attendent patiemment qu'on soit prêt à les écouter vraiment.
Chapitre II
Le logement de 12m² et les huit ans qui construisent tout
Après une maîtrise en études littéraires, sans aucune destination claire, je me retrouve à naviguer à vue, à passer par la vente, à faire des escapades à 200 km/h sur ma moto comme bouffée d'oxygène quand la direction manque. Et puis un bilan de compétences pointe vers les ressources humaines, et quelque chose s'ouvre. Tout fait sens, d'un coup. Les gens, les organisations, les dynamiques humaines, les carrières à construire, j'adorais ça avant même de savoir que ça s'appelait comme ça.
La suite, c'est franchement moins glamour. Je déménage en Alsace avec mon petit ami de l'époque, dans un appartement de 12m², mi-enterré, avec du moisi sur les murs et une lumière qui ne rentrait pas vraiment. On vit au RSA. Je m'inscris à une formation en RH, mais le RSA interdit de suivre des formations, alors l'arrêt est forcé. Je me retrouve avec un cap clair et les mains liées. Mais j'avance quand même, avec ce que j'ai, sans attendre que toutes les conditions soient réunies.
Et ça finit par payer. J'entre dans une grande école d'ingénieurs à Lyon, d'abord au service communication, mais je ne lâche pas : j'insiste, je convaincs la directrice par la clarté de mon objectif, et j'intègre les RH. J'y resterai huit ans. Huit ans à gérer les carrières de près de 500 enseignants-chercheurs, à maîtriser les rétroplannings, les diagrammes, la coordination complexe de procédures impliquant plusieurs acteurs. C'est là que j'apprends vraiment à voir les liens entre les choses, à structurer, à anticiper, à tenir un cap quand tout bouge autour. J'aimais comprendre comment avoir une vision plus globale, comment simplifier les choses, rendre un système plus fluide, plus lisible, plus humain aussi.
Avancer avec ce qu'on a, sans attendre que les conditions soient parfaites, c'est souvent ce qui permet d'ouvrir les portes qu'on n'aurait pas osé frapper autrement.
La morale
Avancer sans attendre les conditions parfaites, c'est souvent ce qui ouvre les portes qu'on n'osait pas frapper.
Chapitre III
L'Égypte, ou quand la vie dit oui à tout
À la trentaine, il y a ce moment où la vie m'a fait comprendre que je dois écouter, pleinement, ce qui m'appelle depuis si longtemps. Je quitte la sécurité de la fonction publique française, le poste stable, la vie cadrée, pour partir en Égypte. Coup de foudre pour le pays. Sensation d'être chez moi. La plongée, le tiroir du fond, tout ça est remonté. Je prévois d'y rester quelques mois. J'y reste sept ans. Liberté chérie, quand tu nous tiens.
En mer Rouge, je deviens monitrice, puis instructrice de plongée technique. Je descends au-delà de 100 mètres, dans des zones vierges, dans des conditions que je ne vais pas romancer parce qu'elles étaient vraiment extrêmes. Je pars toutes les semaines pour 8 jours en haute mer. Il fallait tout anticiper, tout coordonner, parce que le moindre accident pouvait vite tourner au drame. J'encadre des groupes de 25 plongeurs sur un bateau de 40 mètres, et j'apprends une règle qui ne se discute pas : mieux vaut un mort que deux. Ce n'est pas une métaphore. C'est la réalité de la plongée technique, et elle t'apprend à rester calme quand tout peut basculer, à évaluer vite, à décider sans trembler et à faire confiance à son expérience. Ce sont des compétences qui ne s'oublient pas.
Mais je poussais trop mon corps et ma tête au maximum de leur limites. Un accident de décompression à 90 mètres révèle un problème cardiaque que personne n'avait jamais détecté. Opération en France, arrêt définitif de la plongée technique. Et pour couronner le tout, une rupture sentimentale dans la foulée, le 25 décembre. Joyeux Noël. Le corps et la tête disent alors stop, on n'en peut plus ; c'est trop. Passage au fond du gouffre durant plusieurs mois. Plus de repères professionnels, plus de projet immédiat, plus de structure émotionnelle stable. Tout ce qui faisait tenir l'ensemble avait disparu en même temps. Dans ces moments-là, il n'y a pas de grande réflexion théorique. Il y a surtout une réalité très simple : garder la tête hors de l'eau pour survivre, retrouver un minimum d'équilibre, remettre un pied devant l'autre, accepter de ne pas avoir toutes les réponses tout de suite.
Puis Je repars au Club Med en Égypte le temps d'un claquement de doigts. J'y découvre la Clientèle VIP, l'exigence de service, le soutien d'une équipe unie, avant de sentir que la situation politique et la quarantaine approchante me demandent de poser les bagages, autrement. Mais ce que sept ans dans les profondeurs m'ont donné, aucune épreuve ne peut me le reprendre : quand on apprend à rester calme à 100 mètres sous la surface, on développe une solidité intérieure que rien d'autre ne construit à la même vitesse.
La morale
Quand on apprend à rester calme à cent mètres de profondeur, on forge une solidité intérieure que rien d'autre ne remplace.
Chapitre IV
La Belgique, l'université et la fin d'un cycle
La quarantaine. Je m'installe en Belgique avec celui qui deviendra mon conjoint, rencontré en Égypte, et j'intègre l'Université catholique de Louvain. Le virage à 90 degrés est complet : on passe des fonds marins aux amphis, des combinaisons de plongée aux réunions de coordination internationale. Et pourtant, quelque chose s'aligne à nouveau.
Je planifie des événements sur 10 à 12 mois, j'organise des journées qui rassemblent jusqu'à 4 000 personnes. En parallèle je coordonne des projets complexes avec de nombreux interlocuteurs, dans des environnements où chaque détail compte. J'aime le contexte et les rencontres internationales qui s'échelonnent tout au long des années. C'est là que ma manière de fonctionner s'est affirmée clairement : je vois les liens, je structure ce qui est dispersé, je simplifie sans appauvrir, je garde une vision d'ensemble même dans l'intensité. J'adorais ça. Douze ans de stabilité reconstruite, une fonction créée presque sur mesure, des responsabilités réelles.
Mais au bout d'un moment, quelque chose ne suit plus. Une fatigue intérieure profonde, difficile à nommer, la sensation d'être au bout d'un cycle sans savoir encore vers quoi aller. Et un divorce douloureux qui vient mettre un point final à cette période. On peut avoir tout ce qui ressemble à une vie réussie de l'extérieur, le poste solide, les projets qui tiennent debout, la reconnaissance, et sentir en dedans que quelque chose est terminé. C'est souvent le signe qu'il est temps de remettre un pied devant l'autre dans une direction nouvelle, même si on ne la voit pas encore clairement.
La morale
Même une vie réussie en apparence peut sonner creux : reconnaître la fin d'un cycle, c'est déjà ouvrir la prochaine porte.
Chapitre V
Les murs de partout et la décision qui débloque tout
Après douze ans de stabilité, je décide de faire une pause pour me retrouver. Projet de van aménagé, grand air, liberté retrouvée....La réalité ? Crash en flammes. Les blocages logistiques, financiers et personnels s'accumulent les uns sur les autres, et le projet s'effondre avant même d'avoir vraiment commencé. Et comme si ça ne suffisait pas, un mélanome est détecté et retiré rapidement, les réveils à 2h du matin s'installent avec une enclume sur la poitrine, les angoisses dans le noir, sans projet clair, sans revenu, avec beaucoup de questions ouvertes et aucune réponse qui arrive. Retour chez mes parents à 53 ans, sans job ni salaire.
Je cherche des solutions partout à l'extérieur, des coachs, des livres, des pratiques, un chemin de croix à la recherche de quelque chose ou quelqu'un qui règle le problème à ma place. Et puis un déclic, progressif, pas fulgurant mais réel : je comprends que ce ne sont pas les circonstances qui bloquent, ce sont mes propres schémas, mes peurs, mes dépendances, mes croyances sur ce que je mérite ou ce qui est possible pour moi. J'arrête d'attendre une solution extérieure immédiate. Et là, quelque chose s'ouvre. Une brèche.
Quelques mois plus tard, je fais un pas, celui qui coûte le plus : vers l'inconnu, l'insécurité totale. Je rejoins l'équipe de The Expanders pour coordonner un événement pour des coachs en développement personnel, je remets un pied devant l'autre dans ce que je sais faire de mieux, organiser, structurer, tenir un cap, faire que les choses tiennent debout. Quand tous les murs se dressent en même temps, ce n'est pas la vie qui s'acharne : c'est elle qui attend qu'on prenne enfin une décision vraie, qui vient de soi et pas de la peur.
La morale
Quand tous les murs surgissent ensemble, la vie n'acharne pas : elle attend qu'on prenne enfin une décision vraiment libre.
Si tu as lu jusqu'ici, tu sais que je ne suis pas cheffe de projet par défaut. Je le suis parce que j'ai passé des décennies à apprendre à voir les liens là où les autres voient du chaos, à structurer des projets complexes dans des contextes qui ne pardonnent pas les approximations, à garder la tête hors de l'eau quand tout bouge en même temps, et à embarquer des équipes dans des directions claires même quand la carte n'est pas encore dessinée. Je le suis car j'aime le lien humain, échanger et rendre les gens heureux et satisfaits du résultat apporté.
Que tu aies un événement à organiser ou à remettre sur les rails, un projet à coordonner, je suis là pour que ça tienne debout, que ça soit bien fait, et que toi tu puisses souffler.
Si quelque chose dans ce que tu viens de lire résonne en toi, parle-moi de ce que tu as en tête. Je serai ravie qu'on en discute.
Virginie
Mon histoire en images